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Pourquoi j’ai choisi de devenir écrivain ?

Vivre d’écrire est difficile, comme vivre de toute forme d’art. C’est se réveiller chaque matin pour y consacrer les premières heures de sa journée, parfois sa journée entière.

Souvent, on est en proie aux doutes. On s’interroge. Tantôt sur nos idées, tantôt sur notre potentiel et nos chances de réussite. Il faut dire qu’il y a de quoi douter, entre les critiques des uns, qui nous reprochent de raconter des foutaises, et celles des autres, qui nous taxent de scribouillard insipide.

Stephen King l’a très bien résumé :

« Si jamais vous écrivez, il y aura toujours quelqu’un pour essayer de vous faire croire que vous êtes un minable, c’est tout. »

N’allez pas croire que je me plains. Par moment, c’est l’activité la plus chouette du monde ! – les jours où l’on est créatif et adroit avec les mots. Mais, malheureusement, c’est aléatoire. Parfois, il faut aussi se forcer, et alors ça n’a plus rien de réjouissant… Ça se traduit le plus souvent par des atermoiements, ou des sessions d’écriture laborieuses, frustrantes et décourageantes.

C’est sans oublier les fameuses « montagnes russes émotionnelles du succès » : on vend 100 bouquins sur son blog pour sa première semaine de lancement ; on se sent pousser des ailes. A moi la réussite ! se dit-on. Puis semaine plus tard, plus rien. Ou peut-être une vente çà et là. C’est tout. La désillusion précède l’illusion… On réalise qu’il faut cravacher encore pour vivre mieux que modestement de sa plume. Dur ! dur !

La question, donc, c’est pourquoi écrivons-nous ?

Pourquoi certains « illuminés » (dont moi, et peut-être vous ?) persistent dans les tribulations de la vie d’écrivain, plutôt que mener une vie paisible et sécurisante d’employé de bureau (à titre d’exemple) ?

C’est cette réponse – subjective j’entends bien – que j’ai voulu traiter dans cet article. Il peut y avoir nombre d’autres raisons ; celles qui comptent le plus pour moi sont ci-dessous.

« J’écris pour l’indépendance »

Devenir écrivain choix
Devenir écrivain, c’est choisir l’indépendance

Il y a plusieurs façons de concevoir l’indépendance. La retraite, par exemple, est considérée par beaucoup comme une forme d’indépendance.

Après avoir exercé un boulot pendant des années, on est libéré de cette contrainte (si tant est qu’il en ait été une). On peut couler des jours paisibles, ne plus vivre au rythme du 5/9, avec des horaires imposés.

On n’a plus à rester dans une ville précise, ou à proximité, parce que notre lieu de travail s’y situait. On est (enfin) libre d’aller et venir où l’on veut, quand on veut. C’est la définition même de la liberté : « la possibilité d’action et de mouvement. »

Les inconvénients : on ne peut prendre sa retraite qu’après avoir assez cotisé, pour ne pas dire âgé, et souvent éreinté – aussi physiquement que moralement – par les années de labeur qu’on traîne derrière soi.

Je n’ai rien contre cette idée, à la seule condition que notre travail nous plaît. Mais ce n’est pas cette voie que j’ai choisie.

L’indépendance financière : un rêve pas toujours réalisable.

Une autre façon d’être indépendant, plus idéale, c’est d’atteindre ce qu’on appelle « l’indépendance financière ».

Si vous avez 40 ans et un style de vie vous coûte 50 000 € par an, en admettant que vous viviez jusqu’à 90 ans (c’est 7 ans au-dessus de l’espérance de vie moyenne), avec 2.5 millions d’euros vous avez suffisamment pour vivre les 50 années en vous tournant les pouces. Vous êtes indépendant financièrement. Ou si vous préférez, vous ne dépendez pas des revenus de votre emploi.

Cela marche aussi avec les « revenus passifs » : louer des appartements, toucher des royalties, des dividendes, avoir un business automatisé, etc. Ce sont des sources qui, sans avoir à travailler dans le moment présent, vous rapportent de l’argent.

Evidemment, ce n’est qu’un aperçu à la louche. Il y a des blogs et des bouquins qui se consacrent entièrement au sujet ; moi je ne fais que l’expliquer pêle-mêle en deux paragraphes. Pour saisir l’idée générale.

Le problème, c’est que tout le monde n’a pas, et n’aura pas, la possibilité de jouir de tels actifs, nonobstant les promesses de certains « gourou » de la réussite financière.

Il y a, c’est vrai, de nombreuses opportunités sur internet. En étant un tantinet débrouillard, on peut développer quelques revenus passifs facilement, jusqu’à un certain niveau – peut-être quelques dizaines, voire centaines d’euros.

Pour beaucoup, l’atteinte de l’indépendance financière prendrait des dizaines d’années à thésauriser, ou créer des revenus passifs. On en revient au même problème que la retraite.

Je ne vois pas cela comme un problème. On peut se dire qu’être indépendant financière, c’est cool !, par ça nous permet d’échapper au travail ; mais qui veut vraiment échapper au travail ? Ne pas bosser, c’est chiant comme écouter un vieux nous raconter sa vie pendant trois heures.

Même les multimilliardaires bossent ! Enfin… ils font surtout bosser les autres, mais c’est un travail à part entière (apparemment).

En somme, le but ne doit pas devenir un oisif. L’indolence n’est pas forcément plus épanouissant qu’un travail avilissant. Le but est de plutôt de choisir son travail et ses conditions, plutôt que de ne choisir ni l’un ni l’autre.

L’avantage de l’indépendance financière c’est qu’elle confère la possibilité de choisir comment on va gagner notre vie, et comment on va l’organiser. Parce qu’on n’est plus dans le besoin.

Mais ce n’est pas la SEULE option.

Détenir son propre « facteur de production » (mais pas n’importe lequel !)

Une troisième voie, qui garantit assez de liberté, consiste de détenir son propre facteur de production.

J’entends facteur de production dans le sens de posséder un ensemble de compétences/savoir-faire qui vous permettent de réaliser des biens ou services rémunérés.

Un qui, de préférence :

  • Permette de gagner suffisamment d’argent pour subvenir (largement si possible) à ses besoins.
  • Permette de s’enrichir personnellement (un critère d’autant plus important pour moi), et ne contraint pas à un travail aliénant.
  • Soit perçu comme un « loisir rémunéré » plutôt qu’une contrainte.Celui qui apprécie son travail travaille-il vraiment ? C’est un peu utopiste, je sais, parce qu’on ne peut annihiler totalement la contrainte. Alors disons : avec relativement peu de contraires.

Si j’ai décidé de me consacrer à une carrière d’écrivain (sous la forme assez particulière de Blogueur et Freelancer), plutôt qu’à celle de fonctionnaire ou d’employé du tertiaire, c’est parce qu’écrire m’offre ces avantages :

  • Écrire subventionne ma liberté de vivre relativement comme il me plaît. Vivre au rythme que je veux ; aller et venir où je veux, quand je veux (ou presque).
  • Écrire m’enrichit. Depuis que je me suis lancé, j’ai augmenté mon vocabulaire, amélioré mon expression écrite et orale, élargi mes connaissances. Le savoir c’est le pouvoir, dit-on… et je pense que c’est vrai. Le savoir, c’est le pouvoir sur sa vie. Plus on élargit ses connaissances des domaines importants de sa vie – argent, bien-être, santé, relations, etc. – plus on parvient à les contrôler, et par extension : à contrôler SA vie.

Quand on écrit, surtout pour des blogs ou s’autoéditer, on est irrémédiablement amené à s’intéresser et élargir nos connaissances sur certains de ces domaines, sinon tous.

  • Écrire me permet d’apprécier (la plupart du temps) mes heures de travail.

Ecrire, ce n’est pas descendre au fond d’une mine. Ce n’est pas être manœuvre dans le BTP non plus. Ce n’est même pas se pointer à son bureau pour accomplir des tâches répétitives et rébarbatives, jour après jour.

Écrire, c’est dire ce qu’on pense, partager ce qu’on sait, raconter des histoires.

Il n’y a absolument RIEN de désagréable à cela. Bien au contraire. Par moment, quand on a l’impression de ne rien avoir d’intéressant à dire, à partager ou à raconter, ça peut devenir frustrant. Certes. Mais cela n’est jamais que temporaire. Tel le Phénix qui renaît dans ses cendres, quand l’inspiration revient le plaisir revit.

« Parce que c’est une aventure humaine »

Devenir écrivain aventure humaine
Devenir écrivain, c’est partir à l’aventure

J’aime ce roman : l’Alchimiste, de Paolo Coelho. C’est l’histoire d’un jeune berger qui traverse le grand Maghreb, pour aller jusqu’en Égypte, à la quête un trésor qu’il a vu dans ses songes. L’histoire et la prose de l’auteur sont d’une poésie !

A la fin, le protagoniste s’aperçoit que le trésor qu’il recherche est à l’endroit-même d’où il vient, qu’il a fait tout ce chemin en vain.

En vain… Non, pas vraiment ! parce que sur son chemin, il trouvera l’amour, découvrira l’alchimie, et accomplira sa « légende personnelle. » Le parcours est plus enrichissant que la récompense. C’est ce que l’on en retient.

Celui qui comprend cela, comprendra peut-être ce qui m’a attiré dans cette voie. Prendre la route de l’écriture, c’est une aventure enrichissante ; à l’image de l’histoire de l’Alchimiste, à l’image de la vie.

Affûter continuellement ses compétences ; rencontrer les problèmes, puis trouver les solutions ; alterner échecs et succès ; récolter les critiques négatives et les éloges, les fans et les haters ; apprendre à persévérer, faire avec la solitude, s’organiser, rester humble, et bien d’autres choses encore. Voilà ce qu’est l’aventure de l’écriture !

La question de l’argent, de la sécurité, est souvent ce qui retient les gens de partir à l’aventure. Je peux comprendre ça. Si certains mois ont été lucratifs, d’autres (beaucoup) ne l’ont pas été – surtout au début.

Devenir un écrivain accompli et un long, très long processus. Découvrir comment bien gagner sa vie en écrivant aussi. J’y travaille, je progresse, mais ça demande du temps.

A l’ère d’internet, ce n’est pas si difficile gagner de l’argent en écrivant. N’importe qui peut monter un blog, ou faire quelques gigs en freelance. La vraie interrogation, c’est comment bien gagner sa vie ? parce que cela demande plus que poster quelques articles sur un blog ou faire quelques gigs ; il faut avoir des choses intéressantes à dire, savoir bien les exprimer par écrit, et beaucoup de travail avec.

Mais, sincèrement, c’est une fausse barrière pour moi ! Je suis tellement aspiré dans cette aventure que la question de gagner plus, ou deux fois moins qu’avec tel job que j’aurais pu faire à la place, ne se pose pas.

Dans cette aventure, je n’ai pas le temps, ni l’envie, pour l’hédonisme. Je ne ressens aucun besoin d’avoir plus d’argent. Plus d’argent pour quoi ? Faire du shopping ? Le dépenser dans des futilités ? Me prévaloir avec ostentation de signes extérieurs de richesse ? Non merci. Je suis déjà trop occupé à écrire, lire et m’améliorer.

On a tendance à croire que ce sont les loosers qui dépensent peu… Mais c’est l’inverse en réalité ! Ce sont les gens malheureux qui ont de l’argent à gaspiller. Parce qu’ils sont insatisfaits par la vie qu’ils mènent, parce qu’ils n’ont pas d’objectif (ou pas de mission) qui leur donne envie de se réveiller tous les matins de passer tout leur temps à l’accomplir. Alors ils essayent de tuer l’ennui et guérir leur névrose en achetant n’importe quoi.

Quand on se sent bien dans sa vie, bien dans sa peau, et que ce que nous faisons nous plaît, on se contente de peu ; faire des balades en pleine nature, nourrir les canards avec du pain sec, passer du temps avec les personnes qu’on aime, etc. En bref, on se satisfait davantage du nécessaire, on dépense moins inutilement, on fait des choses peu onéreuses.

On consomme bien plus par insatisfaction que par nécessité.

  • On achète du viagra quand on arrive plus à bander.
  • On sort sans arrêt – bar, boîte, cinéma, etc. – quand on s’ennuie.
  • On achète une tripotée de vêtements, et des accessoires de luxe inutiles, quand on manque de reconnaissance.
  • Etc.

Tenez par exemple ! tout ce que j’ai acheté ces dernières semaines, hormis ma bouffe, ce sont quelques livres d’occasion et un balai à chiotte. Dieux me pardonne, je dépense pas mal d’argent en bourlinguant, je le confesse (c’est mon péché mignon, et véniel). Mes pérégrinations, plus les frais qu’ils engendrent, sont le seul luxe que j’aime m’offrir.

Est-ce que ça signifie qu’il faille vivre de peu quand on désire écrire ? Non. Ou seulement dans les premiers temps, parfois.

Comme l’étudiant en médecine doit trimer plusieurs années avant de décrocher ses diplômes, l’écrivain en devenir, qu’il soit blogueur, ou écrivain freelance, ou romancier, ou les trois en même temps, doit faire des sacrifices pour réussir. Il doit serrer un peu la ceinture, et travailler dur.

Ce sont les conditions propitiatoires pour réussir. Mais ça ne dure qu’un temps, et certainement moins longtemps que des études en médecine.

Et si vous aimez ça, si vous avez vraiment envie de réussir, vous serez tellement occupé que (1) vous ne ressentirez pas le besoin de faire des dépenses excessives, et le temps passera (très) vite parce.

C’est ce qui se passe quand on est pris dans l’aventure ! A peine le temps de dire ouf, que la journée est terminée.

« Parce que les écrivains sont des « explorateurs » »

Devenir écrivain, c'est devenir un "explorateur"
Devenir écrivain, c’est devenir un « explorateur »

Quand j’étais petit, je voulais être explorateur. J’avais envie de parcours le monde avec ma carte et ma boussole, traverser des contrées sauvages, inconnues, mystérieuses. C’est ce que je fais aujourd’hui, au sens figuratif.

Les écrivains sont des explorateurs. Qu’est-ce qu’ils explorent ? Le monde, ses idées, ses phénomènes sociaux, ses cultures.

Un écrivain doit être féru de lecture, de voyages, et aimer observer le monde qui l’entoure, partout où il va. Cela fait partie du métier en réalité. Sinon à quoi bon écrire, si l’on n’a rien d’intéressant à raconter ?

Il faut lire, pérégriner, observer, analyser, chercher à comprendre, découvrir. C’est en ça, aussi, que consiste le boulot de l’écrivain. C’est ce qui lui permet ensuite de pouvoir écrire ce qu’il a vu, vécu, appris, compris.

On a tendance à croire que le style en écriture est plus essentiel que le fond… C’est faux ! Un écrivain qui intéresse et avant tout un écrivain intéressant.

Robert Beck (alias Iceberg slim) par exemple, ne fut pas l’écrivain avec le style le plus racé de sa génération. C’était un autodidacte qui s’est mis à écrire à l’âge de 42 ans. Mais il était surtout un ancien proxénète. Et parce qu’il a fait découvrir un univers jusqu’alors mal exploré dans la littérature – la prostitution, les conditions de vie afro-américaines dans les années 40-60, etc. – il a vendu des millions de livres, et il a influencé toute une génération (notamment le courant Hip-Hop aux Etats Unis).

De même, La Firme, le roman de John Grisham, fut conspué par les critiques littéraires, le qualifiant de « mal écrit ». Sans doute le roman n’est-il pas sans défauts (aucun ne l’est de toute façon). Mais il décrit une histoire captivante : celle d’un jeu avocat pris dans un dilemme moral, entre travailler pour la Mafia et percevoir un salaire mirifique (ce que revient à vendre son âme au diable), ou rester propre mais renoncer à l’argent.

Et si l’auteur a pu l’écrire avec tant de précision, de détails et de réalisme, c’est parce qu’il a été lui-même jeune avocat. C’est un milieu qu’il a exploré.

Ces deux exemples pour vous dire que le rôle primaire de l’écriture est, a toujours été, et restera toujours, de transmettre ses connaissances – savoir-faire, philosophie, informations.

Le style vient après !

Même s’il est indispensable de bien écrire, avoir des choses intéressantes à dire l’est encore plus. Nous voulons lire des manuels, des romans, des blogs, de gens qui savent de quoi ils parlent !

Ces gars-là, ce sont des explorateurs 2.0. Ils recherchent, ils expérimentent, ils observent, ils prennent des risques… puis ils transmettent ce qu’ils ont appris. C’est ce qui les rend intéressants. Écrire, c’est explorer.

Si, comme moi, vous êtes curieux et aimez partager, vous devriez écrire ! Il y a de la place pour tout le monde.

Conclusion

Vivre d’écrire n’est pas la voie de la facilité. Elle est encore moins celle qui garantit la richesse (financière).

Mais elle a quelque chose de mieux, de plus profitable encore ; elle offre une plus grande indépendance, l’aventure, l’enrichissement personnel. C’est pour ça que j’ai choisi cette voie.

Et, finalement, n’est-ce pas MIEUX ? N’est-ce pas ce que nous recherchons tous dans la vie ?

Les bienfaits de la générosité

Il y a deux types de générosité.

  • Il y a la générosité intéressée (qui n’en est pas vraiment) : c’est quand l’on donne en espérant quelque chose en retour. De la reconnaissance, un service, du sexe, une compensation financière, etc.
  • Il y a la générosité désintéressée : quand l’on donne gratuitement, sans attendre de contrepartie.

La majorité les gens sont, je pense, généreux par intérêt.

Ils perçoivent la générosité comme une sorte de « transaction » ; un prix à payer pour que les autres les aient à la bonne.

Seulement voilà tout le paradoxe : apprendre la VRAIE générosité, donner gratuitement, sortir de cette logique de retour sur investissement… est dans l’intérêt de chacun !

C’est seulement lorsqu’on commence à donner sans attendre en retour que l’on peut recevoir.

Une leçon de vie à 2 euros

J’ai réalisé à quel point la générosité pouvait être profitable il y a quelque temps.

Je me baladais seul dans Paris, totalement hagard, quand une femme d’une quarantaine d’années m’a arraché à mes pensées pour me demander un brin de monnaie.

J’ignore si c’est moi qui n’ai pas écouté la suite, ou si c’est elle qui n’a pas cru utile de préciser la raison. Quoi qu’il en soit, ça paraissait évident ; elle était loqueteuse, échevelée, son indigence sautait aux yeux.

Un peu par réflexe, et aussi parce que je le pensais, j’ai répondu que je n’avais rien sur moi. Puis j’ai repris ma marche en lui souhaitant bon courage.

Une vingtaine de mètres plus loin, j’ai mis les mains dans les poches. Mes doigts ont senti quelque chose dans celle de gauche…

J’ai pris l’objet non-identifié, ouvert la main et vu une pièce de 2 euros dans ma paume.

bienfaits de la générosité être généreux donner don Ma première réaction fut de continuer ma route.

Mais j’ai repensé à cette femme juste derrière moi, à ce que je lui avais dit : – « je n’ai rien sur moi. »

J’ai fini par faire demi-tour pour lui donner ma pièce.

En arrivant vers elle, je la lui ai tendue en lui disant : « Tenez ! Finalement j’avais une pièce dans ma poche. »

Elle m’a répondu d’un « Merci » qui venait tout autant de sa voix que de son regard, et que j’ai senti arrivé du fond du cœur.

Je suis reparti en me sentant heureux, comme si mon âme s’était nourrie de cette réponse.

Qu’est-ce que cela m’a apporté ?

Matériellement, rien du tout.

Mais émotionnellement, beaucoup.

  • Tout d’abord, je me suis senti joyeux et fier.

Ce n’était pas grand-chose, certes. Pas de quoi s’en gargariser toute une vie.

Néanmoins, j’ai été heureux d’avoir fait plaisir à cette personne, et fier d’avoir accompli une bonne action.

  • Puis, j’ai éprouvé un sentiment difficilement dicible de contentement.

Avec les dizaines de milliers de messages publicitaires qui nous répètent chaque jour que nous n’avons pas assez, qu’il nous faut ceci ou cela, personne ne semble se satisfaire de ce qu’il a déjà.

Malgré tout, si l’on est capable de donner sans que notre générosité ne nous pénalise, n’est-ce pas parce que nous avons suffisamment !?

On ne va pas mourir de faim, ni devoir se priver et serrer la ceinture parce qu’on a donné une pièce à quelqu’un…

Quelque part, ça signifie que cet argent est en extra. Nous n’avons pas besoin de plus pour commencer à nous sentir comblés !

Cet acte de générosité m’a rappelé ceci : j’ai déjà assez pour être heureux.

Les bienfaits d’être (vraiment) généreux

La générosité est une vertu admirable, c’est le mouvement d’une âme véritablement nobleCharles de Saint-Évremond

Le problème avec la générosité intéressée, c’est que notre espoir de récompenses nous aveugle trop pour percevoir les VRAIS bénéfices de nos bonnes actions !

Tant que notre esprit est occupé à faire ses calculs – la reconnaissance qu’on pourra en tirer, les services pour pourra nous rendre, la contrepartie financière qu’on pourra y gagner, –  il ne peut s’ouvrir pour recevoir les bienfaits émotionnels de la générosité.

Car la générosité, la vraie, nourrit l’âme :

  • Elle nous fait nous sentir heureux POUR l’autre personne ;
  • Elle nous fait nous sentir fier d’avoir cette vertu, de faire de bonnes actions, et accroît notre estime pour nous-mêmes ;
  • Elle nous fait éprouver un meilleur sentiment de satisfaction et de bien-être ;
  • Elle construit aussi des relations plus saines, plus sincères, plus épanouissantes avec autrui.

Et bien entendu : elle profite aux autres !

Toutes ces choses, nous les recevons quand nous nous détachons du calcul, de la recherche de bénéfices, et que nous donnons (enfin) par altruiste, uniquement pour aider ou faire plaisir.

C’est sans doute parce que, dans notre for intérieur et celui des autres, nous savons POURQUOI nous sommes généreux. Nous savons si la raison est noble ou ne l’est pas.

Les bienfaits de notre générosité sont proportionnels à la noblesse de notre intention.

Plus notre générosité est pure (désintéressée), plus elle nous apporte en retour.

Pourquoi nous ne sommes pas généreux ? 

consumérisme besoin de plus insatisfaction égoïsme bienfaits de la générosité être généreuxJ’ai la conviction que le manque de générosité dont font preuve beaucoup des individus aujourd’hui est principalement le fruit d’un mauvais état d’esprit.

Si la plupart des gens sont piégés dans une vision trop matérialiste du bonheur.

Ils pensent que plus ils possèdent, plus ils s’en rapprochent !

Cet état d’esprit les emprisonne dans une quête du plus :

  • Plus d’argent ;
  • Plus de biens ;
  • Plus de pouvoir ;
  • Une plus grosse voiture ;
  • Une plus grosse maison ;
  • Etc, etc.

Ils espèrent que cela les rendra heureux.

Mais ça n’arrive jamais, car la quête du plus est sans fin.

Ce besoin de plus, parce qu’il s’accompagne toujours du sentiment de pas assez, exacerbe l’égoïsme et l’individualisme.

Ces ressentis sont inséparables, comme les deux faces d’une même pièce.

Nous voulons plus, nous ressentons que nous n’avons pas assez, et nous entretenons nous-mêmes notre insatisfaction.

Comment apprécier donner gratuitement, quand on a le sentiment de ne pas avoir assez pour nous-mêmes ?

Comment ne rien espérer en retour, quand on est dans une quête obsessionnelle du plus ?

On ne peut pas.

Pour être généreux, il faut d’abord s’émanciper de ce besoin du plus.

Sortir de l’égoïsme : oser la générosité !

Cet état d’esprit ne nous amènera jamais nulle part, si ce n’est à :

  • Dépenser beaucoup de temps et d’énergie à acquérir plus de choses qui ne rendent pas plus heureux ;
  • Vivre dans le sentiment et la peur de manquer ;
  • Être envieux et jaloux de ceux qui ont plus que nous ;
  • Avoir peur que les autres nous prennent ce que nous avons (notre boulot, nos biens, etc.) ;

Une étape importante pour son bien-être consiste à changer cet état d’esprit pour sortir du besoin de plus.

Cela commence par réaliser que les possessions ne font pas le bonheur.

Dieu merci, l’homme n’a pas attendu la voiture, le smartphone, l’écran géant et les antidépresseurs pour se sentir heureux…

Evidemment, je suis d’accord pour dire que manquer d’argent peut nuire à notre bien-être…

Mais dans un monde qui compte environ 6 milliards de personnes vivent en dessous de 12 000 euros par an, pouvons-nous vraiment nous plaindre de manquer d’argent ?

(Réponse : Non… sauf si nous ressentons le besoin de plus/sentiment de pas assez.)

Ensuite, la gratitude aide aussi.

Elle nous permet d’accorder plus de valeur aux choses qu’on possède, et avoir davantage conscience que nous détenons un tas d’autres richesses : la santé, la famille, l’amitié, etc.

Enfin, je crois très fort aux bienfaits de la générosité.

Pratiquer la générosité aide à devenir plus généreux et plus heureux !

Quand on donne, on prend aussi conscience qu’on a déjà assez. Cela nous sort de cette poursuite incessante du plus.

Mieux encore, nous réalisons qu’être généreux peut NOUS rendre plus heureux :

  • Nous ressentons du plaisir à donner ;
  • Nous prenons conscience de la noblesse qui sommeille en nous, et cela augmente notre estime de nous-mêmes.

Bien sûr, il ne s’agit pas de donner tout ce que l’on a. Ni de négliger ses propres plaisirs et ses besoins.

Penser à soi, se faire plaisir, n’est pas le problème…

Le problème, c’est de ne pas avoir conscience que :

  • La vie est un partage. On a tous besoin d’autrui pour vivre d’une manière ou d’une autre ; personne ne vit en parfaite autarcie.
  • Le bonheur des autres fait (aussi) notre bonheur – et vice-versa.

Tous comme les roses ne peuvent pousser dans les déserts arides, notre bien-être ne peut s’épanouir dans un environnement dépourvu de bienveillance et d’amour.

Nous avons besoin de gens aimants et altruistes autour de nous pour nous épanouir.

À faire !

Faites preuve d’une VRAIE générosité cette semaine.

Donnez à quelqu’un qui vous le demande !

N’importe quoi : du temps, de l’argent, un peu de reconnaissance et de sympathie…

Voyez ce que cela vous procure comme sensation !

Vous pourriez être surpris de réaliser que cela vous fait beaucoup de bien, et vous rappelle que vous avez ASSEZ aujourd’hui, pour être heureux.

Si vous écrivez (tenez un blog par exemple) : donnez ce que vous savez sans chercher à faire aucune économie !

N’essayez pas à garder vos meilleurs conseils pour les vendre plus tard.

Donnez ce que vous pouvez donner de mieux, de bon cœur, pour aider vos lecteurs.

Vous verrez que la plupart des gens vous en seront reconnaissants.

«Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir !»

Jésus christ

Micro-changement : un petit changement peut (aussi) faire une grande différence !

« Un petit changement aujourd’hui apporte une différence spectaculaire demain »                            

Richard Bach

J’ai la conviction qu’une des clés du bien-être réside dans son aptitude à changer.

Imaginez-vous avec le pouvoir de modifier instantanément n’importe quel comportement, croyance ou habitude ; être capable d’appliquer une nouvelle résolution immédiatement, sans aucune difficulté.

Vous pourriez arrêter la cigarette, sans ressentir aucun manque. Vous mettre au footing ou vous réveiller tôt, dès lors que vous en preniez la décision.

Ne pensez-vous pas que votre bien-être serait meilleur si c’était possible ?

Malheureusement, les vieilles habitudes ont la vie dure. C’est pourquoi nous réussissons rarement à tenir nos bonnes résolutions plus de quelques jours.

Stratégie de changement

Tout le monde peut customiser ses habitudes, ses comportements et ses croyances en fonction du style de vie qu’il souhaite et des objectifs qu’il veut accomplir.

Et je dirais même…

Changer est plus facile qu’on ne l’imagine !

Seulement, la plupart d’entre nous appliquent la mauvaise stratégie :

Nous nous forçons à faire des changements radicaux, en comptant sur notre bonne volonté.

Qui n’a jamais pris une résolution comme « je perds 5 kilos », en s’imposant un programme spartiate du genre : 3 heures de sport sans avaler plus de 500 kcal par jour ? Ou ne s’est dit « j’arrête de fumer », en se privant totalement et tout de suite de cigarette ?

L’intention est bonne, mais la stratégie est mauvaise.

Nous avons tendance à vouloir aller plus vite que la musique, et croire que notre volonté à elle seule suffit. Pourtant, c’est en réalité la pire des méthodes pour installer des changements durables.

Plus une résolution est contraignante ; plus elle repose sur sa volonté ; moins elle a de chance de subsister.

La volonté ne fait pas tout

« cum volumus possumus » 

On croit que tout est une question de volonté. Qu’avec assez d’autodiscipline, on peut relever n’importe quel défi.

Mais la volonté est éphémère et connaît des limites.

À maintes reprises, j’ai voulu faire des changements drastiques dans ma vie en comptant sur ma volonté. Le problème, c’est que ces changements, difficiles à installer, demandaient une adaptation relativement longue, alors que ma volonté déclinait vite.

Il y a fort à parier que pour modifier une habitude il faille au moins un mois ou deux ; alors que la motivation, issue de sa volonté de changement, ne dure pas plus d’une semaine en général.

Si vous ne comptez QUE sur elle, vous retomberez toujours dans vos travers.

La volonté sert à donner l’impulsion de départ ; à prendre une résolution et passer à l’action. Mais elle ne permet pas de changer à elle seule.

Si vous espérez un changement qui repose sur la volonté à long terme, vous risquez fortement d’échouer.

Micro-changement

« Un voyage de mille lieues commence par un pas »   Lao Tzu

Vouloir faire des changements drastiques, en s’appuyant sur notre volonté, n’est pas notre unique erreur.

Nous négligeons aussi l’importance des petits changements.

Un « micro-changement » est beaucoup plus simple à installer. Il demande peu d’effort, peu de volonté. Mais, si vous en cumulez plusieurs, les uns après les autres, au fil du temps vous pouvez faire des changements incroyables.

Pour vous donner un exemple, pendant longtemps j’ai été un « lève-tard ». À moins d’être contraint de me lever tôt, je restais dans mon lit jusqu’à 13 ou 14 heures. À cause de cela, j’avais l’impression de gâcher mes journées. Je me sentais (paradoxalement) fatigué d’avoir trop dormi… Et, à peine quelques heures après mon réveil, la nuit tombait – avec le sentiment que toute ma journée était terminée.

J’ai voulu changer cela. J’ai fait plusieurs tentatives pour devenir matinal. Ma stratégie initiale était celle de M. Tout-le-Monde : mettre mon alarme à heure fixe, et me forcer à sortir du lit.

Mais, après quelques jours d’efforts, j’ai commencé à me rendormir après avoir éteint mon réveil.

J’ai fait plusieurs fois cette même tentative pour me lever tôt. Sans succès. Et j’en culpabilisais, rejetant la faute sur mon « manque de volonté. »

Puis, un jour, j’ai pensé à faire tout autrement. Au lieu d’essayer de me faire violence pour me réveiller, j’ai fait en sorte de m’endormir plus tôt. Je m’étais dit que, peut-être, la raison pour laquelle j’avais du mal à mettre en place un réveil matinier plus de quelques jours, c’était parce que j’enchaînais des nuits presque sans sommeil.

Disons qu’au lieu d’installer la bonne habitude du matin, j’ai commencé par supprimer les mauvaises du soir.

J’avais pour coutume de regarder des films (le plus souvent d’action) dans mon lit. Forcément, après je n’avais plus envie de dormir ; alors j’en visionnais un second, puis quelquefois un troisième. Cela retardait mon sommeil de plusieurs heures.

Cesser de regarder des films la nuit dans mon lit a était un défi bien plus facile à relever. Ça demandait assez peu de volonté. Il suffisait d’éteindre l’ordinateur le soir avant de me coucher. Et, si je m’ennuyais, je lisais un bouquin à la place.

Néanmoins, ce changement simple m’a permis de m’endormir tôt ; et donc, de me réveiller tôt ! L’objectif que je n’avais jamais su atteindre !

Ensuite, pour me lever encore plus tôt, j’ai arrêté d’utiliser mon ordinateur après 21 heures. Après cet horaire, je l’éteignais et faisais autre chose à la place.

Cela m’a aidé à trouver le sommeil plus vite ; donc, de m’endormir ET me réveiller plus tôt.

Ces deux changements, aussi infimes soient-ils, me permirent de réussir là où j’avais échoué durant des années.

Aujourd’hui, je suis matinal. Ainsi, j’ai du temps pour lire, écrire, faire du sport et quelques autres activités.

Changement intelligent  

Au lieu d’espérer une transformation drastique et difficile, essayez un « micro-changement ». Vous pouvez passer par un tas d’étapes intermédiaires, qui rendront le changement facile.

En outre, quand chaque changement devient progressif, vous vous accorderez du temps pour découvrir au fur et à mesure de nouvelles connaissances, solutions, ou améliorations, qui permettent d’atteindre votre objectif final.

Si vous voulez arrêter la cigarette par exemple, vous pourrez trouver un tas d’astuces, techniques ou méthodes, qui aident à faire passer l’envie de fumer, jusqu’à ce que vous parveniez à vous sevrer.

La patience est plus importante que la volonté !

« Tout vient à point à qui sait attendre »                      Jean de La Fontaine

La vertu dont vous avez le plus besoin pour changer n’est pas la volonté. C’est la patience !

Donnez-vous le temps !

C’est plus difficile à bien des égards, car la plupart d’entre nous veulent faire tout MAINTENANT, et pas dans 3 mois. Remercions la société de consommation d’avoir transmis cette mentalité…

Vous devez garder en tête que ce n’est pas la rapidité à laquelle vous changez qui compte, mais combien de temps ce changement perdurera.

Quel est l’intérêt si c’est pour revenir au même point 3 semaines plus tard ? Ne vaut-il pas mieux diminuer progressivement, mais conserver le changement à vie ?

Ne soyez pas si exigeant avec vous-même. Allez-y doucement. Faites preuve de patience.

Un changement brutal n’est pas synonyme de changement durable.

Gardez cela à l’esprit quand vous voulez installer un nouveau comportement, ou une nouvelle habitude.

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-Chris Berman